Parce que le verbe peut modifier un être

Saint Fernandel

Saint Fernandel

Laurent James

Disponible
Saint Fernandel

Saint Fernandel

Voilà 50 ans que Fernandel a fait son entrée au Paradis. Au-delà des quelques 148 films qu’il habita de sa présence cristalline, il faut savoir rendre hommage à ce rire incarné qui nous est encore aujourd’hui si intime. Avec SAINT FERNANDEL, Laurent James nous livre un portrait lyrique et rabelaisien de l’acteur marseillais, une hagiographie pour le moins inattendue de l’Idiot Chevalin, qui sut magnifier la malédiction du Rire en célébration cherstertonienne permanente du cosmos.

Couverture et illustration ©Pellecuer

ISBN : 978-2-4916570-2-4
EAN : 9782491657024

Quel capharnaüm dans l’église marseillaise, en ce mois de mars 1937, lors des funérailles de l’acteur Gabriel Signoret ! Discernant la présence du comique au milieu de la troupe des comédiens de Regain, les endeuillés commencèrent à ouvrir des yeux ronds et à chuchoter à leurs voisins la nouvelle. L’acolyte qui balançait l’encensoir, se demandant ce qui arrivait, aperçut Ignace Boitaclou dans l’assistance, poussa du coude son copain qui portait les burettes, et tous deux se mirent à rire illico. Furieux, le curé leva les yeux de la Bible pour calmer les marmots, et manqua s’étrangler en voyant Honorin des Meldeuses en personne dans son église. Du coup, tout le monde le regarda en se tenant les côtes, chacun hilare de retrouver son Fernand personnel dans la maison de Dieu : que faire ? Il prend l’air affligé : on rigole. Il regarde par terre : on se tord. Il regarde en l’air : on se tape sur les cuisses. Mon Dieu ! Pardonnez-leur ! Savent-ils seulement qui il est vraiment ?

Laurent James Né à Lyon en 1970, Laurent James est un écrivain, activiste et ésotériste français. Installé à Marseille depuis 2000, il fonde le mouvement Parousia le 27 juillet 2008 sur le parvis de la basilique de Saint-Maximin (Var), à l’occasion de la procession des reliques de sainte Marie-Madeleine. Passionné à la fois par le christianisme médiéval, l’Apocalypse selon saint Jean et le Tarot de Marseille, James ne cesse d’explorer les domaines de l’art, de la spiritualité et de la métapolitique à la recherche continuelle des principes fondateurs de la Troisième Rome.

Extrait Préface

Laurent James, on l’aura compris est un vrai poète, de la race des Apollinaire, des Max Jacob. Et c’est aussi un poète engagé. J’entends qu’il est personnellement, intimement, viscéralement engagé dans l’œuvre fernandélien, et que, quand il raconte un film à sa manière, il se raconte regardant le film et se raconte le raconter, sans oublier les ressorts de son fauteuil. Là encore, c’est quelque chose que je n’avais jamais vu dans la littérature cinématographique. Plus qu’un exégète, Laurent James est un témoin. Et un acteur de son témoignage.

Extrait 1

Je ne me retiens pas de pleurer, moi, devant Fernandel : de par son intime vibratilité spasmodique, le Schpountz-Pantocrator crève mes globes oculaires en poudre d’eau pailletée, et mes oreilles prennent le large en dégueulances de liquoreux cérumen.

Je sais que le but véritable de ma vie sera atteint le jour où je posséderai les trois cent cinquante disques édités de son vivant : opérettes - Le Rosier de Madame Husson avec Germaine Duclos, Hugues, Les Chasseurs d’Images dont une scène se déroule au cabaret anglais « La Vache qui Chante », et puis bien sûr Ignace, joué en 35 et repris en 48 - chansons extraites de ses films, textes lus avec fougue bandulatoire (Lettres de mon Moulin, Tartarin), refrains marseillais et autres histoires frottées d’ail… La Création du monde racontée aux gardians de Camargue… ou même sa lecture intégrale du Médecin malgré lui ! Il faudrait tout avoir chez soi, et ne plus jamais sortir : les nerfs cochléaires à vif, le menton chutant lentement dans la brousse des folies perdues… Sa voix mâle, assurée de vous envaper dans sa stricte logique irréfutablement décalée, ne vous lâchera jamais plus. Ignace, Barnabé, Victor, Célestine, Amédée, Octavie, … : son rêve était de ré-enchanter le calendrier, d’assigner à chaque saint journalier une ritournelle spécifique, apte aux plus délirantes prières extatiques. C’est une tentative directe de mettre en musique La légende dorée, pas moins !

Extrait 2

(…) l’intérêt que portait Fernandel envers ses films était strictement le même que ceux manifestés par De Niro et Depardieu : absolument incapable de refuser un script, son envie première est de pouvoir jouer tous les rôles imaginables, jusqu’à parvenir à incarner à l’écran la totalité des êtres de cette planète, vivants et morts. Comme dans Sénéchal le Magnifique, mais à l’échelle du cosmos. Le rêve de Fernandel est d’être le seul interprète d’un film de trois mille heures qui s’appellerait Histoire mondiale de l’humanité, où il jouerait simultanément tous les rôles - bébés, femmes et animaux compris.

24 octobre 2021 Grand entretien avec Laurent James dans Mauvaise Nouvelle le 24 octobre 2021
4 octobre 2021 Pour l’auteur, Fernand est le ré-enchanteur, il lui emprunte d’ailleurs ce style rabelaisien si français : « Je ne me retiens pas de pleurer, moi, devant Fernandel : de par son intime vibratilité spasmodique, le Schpountz-Pantocrator crève mes globes oculaires en poudre d’eau pailletée, et mes oreilles prennent le large en dégueulances de liquoreux cérumen. »
http://www.mauvaisenouvelle.fr/?article=livres-saint-fernandel--1817
6 septembre 2021 Des morceaux de France s'en vont à chaque fois. Et pourtant le verbe rabelaisien de Laurent James nous rend Fernandel à nouveau familier, intime. Merci à Stéphane Blanchonnet d'avoir rapproché Bébel et Fernandel dans le Bien Commun.