Parce que le verbe peut modifier un être

Jaroslav et Djamila

Jaroslav et Djamila

Sarah Vajda

Le grand roman d'amour de l'année 2016. Les affres de la passion guettent et les conventions d'aujourd'hui sont en embuscade. Un amour impossible ? #amour #banlieue #islam

Elle : Djamila, petite-fille de harki, dans la France des années 70, échappée d'une carte postale mêlant Annecy et la petite maison dans la prairie, est désormais emmurée vive dans l'âge de l'impossible : celui de l'épouse soumise à un mari honnête, dans ce F3 du neuf trois, cité des poètes.

Lui : Jaroslav, doux colosse slave au corps ouvragé par la vie des chantiers, de passage dans le neuf trois, dans son exil de l'Ukraine jusqu'au-delà de l'Océan.

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Jaroslav et Djamila

Jaroslav et Djamila

Sarah Vajda signe ici un roman d'amour, l'histoire éternelle d'un homme et d'une femme, de Jaroslav et Djamila. Elle, petite-fille de harki, dans la France des années 70, supernova aux échos éternels, échappée d'une carte postale mêlant Annecy et la petite maison dans la prairie, est désormais emmurée vive dans l'âge de l'impossible : celui de l'épouse soumise à un mari honnête, dans ce F3 du neuf trois, cité des poètes.

"En moi pleurent toutes les orphelines de guerre, les enfants martyres, mes tantes enterrées vives pour crime d'être nées filles..."

ISBN : 978-2-9556200-0-7
EAN : 9782955620007

Peut-on tomber amoureuse à l'âge de l'impossible ? Il suffit de croiser un doux colosse slave au corps ouvragé par la vie des chantiers, de passage dans son exil de l'Ukraine jusqu'au-delà de l'Océan. Jaroslav, trois syllabes comme une valse. L'homme et la femme vont thésauriser quelques instants où le trivial se mêle au sublime, ils vont se replier sur l'esquisse de leur bonheur, comme des adolescents cultivent l'impossible, impossibilité hautement arrangée par la glaciation des jours. Les affres de la passion guettent et les conventions d'aujourd'hui sont en embuscade.

Nico, vieil ado révolutionnaire au cœur d'artichaut est là pour nous, pour nous rapprocher de ces amants et nous faire entrer en littérature. Ce spécialiste en psycho, socio, ethno… cette âme affamée de justice, a choisi Djamila comme « sujet d'étude » pour comprendre, illustrer, analyser… l'acculturation. Mais le malheur n'exige aucune description, seulement la compassion. Toutes les petites filles se proclament uniques et se réveillent… mariées.

Dans une langue à la fois minérale et charnelle, baroque et retenue, trempée d'histoire et de littérature, Sarah Vajda compose une chanson pop, un tube qui met en musique un conte tragique, celui de l'amour absolu. Sarah Vajda signe ici un roman qui nous trottera dans la tête bien des années après, capable de toucher un public très large.

Sarah Vajda

Sarah Vajda est l'auteur de biographies à succès, Maurice Barrès (Flammarion, 2000, prix Oulmont de l'essai Fondation de France) ; Jean-Edern Hallier, l'impossible biographie, (Flammarion, 2003) et de romans dont Contamination (Editions du Rocher, 2007).

Un certain Jaroslav avait surgi dans une vie à la lessive, au ménage, au repassage, à la cuisine, aux enfants, à l’ordinaire vouée de toute éternité. Pour l’éternité. Trois petits tours et s’était esbigné. Elle l’avait tant supplié de l’abandonner. A sa joie, croyait-elle. A son souvenir, répétait-elle. Ce fut à son chagrin. Emmurée vive. Interdit. Vers quelle instance, quel tribunal, une épouse pourrait-elle se tourner ? Le moyen d’implorer la permission d’aimer un Infidèle, désavouer un conjoint sans vice ni défaut, sobre et travailleur : l’exacte figure à laquelle toutes les femmes, dans toutes les civilisations et en tous temps donnent le nom de bon mari ? De mari idéal !

Extrait 1

Jaroslav. À chaque pas, répétées les trois syllabes de son nom. Jaroslav. Porte battante vers un pays où elle n’irait qu’en rêve. Indifférente, l’actualité parfois évoquait une tresse blonde, un mafieux… Quelque formidable colosse en costume de serge bleue l’invitait à délaisser son air préféré pour mieux le retrouver. Jaroslav. La dernière valse. La première. L’unique. Sa nue propriété. Djamila levait ses yeux vitreux de trop d’introspection sur la pièce maîtresse du salon salle-à-manger, et désormais chambre-à-coucher, sa chambre, la chambre où en solitude, comme une vieille, la délaissée marmottait le nom du disparu, froissait dans ses mains lasses l’unique preuve. Djamila n’avait pas rêvé. Un certain Jaroslav avait surgi dans une vie à la lessive, au ménage, au repassage, à la cuisine, aux enfants, à l’ordinaire vouée de toute éternité. Pour l’éternité. Trois petits tours et s’était esbigné. Elle l’avait tant supplié de l’abandonner. À sa joie, croyait-elle. À son souvenir, répétait-elle. Ce fut à son chagrin. Emmurée vive.

Extrait 2

Nico hait l’idée de souffrance comme destin et chaque aurore le trouve attaché au mât, histoire de n’entendre pas les sirènes Résignation, Acceptation, toutes ces nobles dames qui essorent les cœurs jusqu’à les rendre plus durs que la glace. Madame, Monsieur, votre obligé. Bonsoir la compagnie. Le monde n’est qu’illusion, ce que nous en ferons, au bon son des flonflons. Quand par la porte des urgences de l’hôpital Beaujon de Clichy-sous-Bois-et-sur-Seine, Djamila a paru, bizarrement parée, son foulard rouge passion, sa chevelure noir ébène et son jupon de toile aux couleurs de la vie, orange de Majorque, Ay Carmela, Ay, pour arracher à ce jeune homme qui venait de passer le boulevard de la Vingtaine son ultime illusion, son cœur a battu chamade. Désirs de révolution, que pourriez-vous pour la femme qui pleure sa jeunesse volée, son amour en allé pour cause de rectitude morale ? Eût-il suffit à Djamila d’être moins sage, pour être plus heureuse ? Nico l’a cru. Il lui arrive d’y croire encore.

Extrait 3

Qu’imaginiez-vous, amis ? La pauvre Djamila, issue de la diversité, emmurée dans son F3 du Neuf-Trois, Cité des Poètes, regardant en boucle à l’heure du repassage Amour, Gloire et Beauté, Alerte à Malibu, Beverly Hills ? Vous vouliez savoir mon histoire ? Mon histoire est singulière. Toutes les histoires. Le crime capital de la modernité – pour cause de grand nombre, sept milliards de voix saturent le silence – aura été d’emmurer chaque tribu dans ses rites. Les Gaulois, les muslim, les Renois, les feujs, les gays, les… les… les… Je hais le pluriel dont on fait les charniers. Charniers d’âmes ou de corps. Le langage des publicitaires nous aura tous rattrapés et la crise d’adolescence et celle de sénescence. J’appuie sur la touche « pause ». Chassé l’amant parfait, j’ai cessé d’avoir mes règles à trente et un ans. Inutile d’être nubile. Puissances de l’hystérie, déjà mon hymen s’était refermé après la naissance du premier né. Misérable corps de femme. Ni dormir ni manger, à peine de quoi survivre. Cessant d’espérer, je survis – sous-vis serait plus juste. Le sort frappe sur tous les fronts… Je me crois de taille et d’estoc à le réduire en bouillie. Effet retour, c’est moi qui me retrouve cuite, recuite. Grillée. Fichue. Foutue. Out of order. Casablanca, été de mes quinze ans. Le béton fait son entrée dans ma vie. Il n’en sortira plus. Casa ou le Neuf-Trois, kif kif, mes frères… Pas la peine de monter la zick, le plain-chant des plombiers, et glou et glou, vient à bout de tout, de vos nerfs, de vos rêves, comme l’odeur des voisins rend inutiles encens et papier d’Arménie. Là-bas, ici, la même merde, à l’huile, eh oui ! Il en faut pour les poignées d’amour, promener ses appâts devant les hommes ; et eux, il leur en faut de l’huile pour faire briller leurs muscles et le reste… Le Maroc, harissa couleur sang et huile, la cuisine, le corps… Conseils à la vierge. J’ai jamais fait l’amour. Enfin, jamais comme dans les livres. Peut-être pour ça que j’ai fait ma princesse de Clèves, quand Jaroslav a paru. La peur est revenue. Immonde, glacée, peau de serpent. Aucune gloire. Juste de la maladie. Détruite. Leurs pensées en moi, entrées par les pores de la peau, m’auront contaminée. Ce n’est pas « aime-moi » que j’aurais voulu crier à Jaroslav mais « décontamine-moi ».

30 mai 2017
17 janvier 2017
1er décembre 2016 La Revue de deux Mondes en parle.
29 octobre 2016 Aude de Kerros parle de Jaroslav et Djamila avec Maximilien Friche
30 septembre 2016
25 septembre 2016 Boulevard Voltaire en parle.
14 septembre 2016 La Revue Littéraire en parle.
22 juin 2016 Ils en parlent.
21 juin 2016 Lecture-dédicace à 20h30 dans le cadre des mardis littéraires de Jean-Lou Guérin au 1er étage du café de la Mairie
8 place Saint Sulpice - Paris 6ème
17 juin 2016 salon-litteraire.com en parle.
11 juin 2016 Lecture-dédicace à l'atelier des ombres à partir de 17h30
15 rue Saint Georges à Lyon
21 mai 2016 Entretien avec Maximilien Friche sur Dreuz info
12 mai 2016
Lecture et signature de "Jaroslav et Djamila" à la librairie Michèle Ignazi
Autour de Sarah Vajda : le philosophe Heinz Wismann, Maximilien Friche et Maximilien Kopriwa
1er mai 2016 Ils en parlent.
25 avril 2016 Sortie du livre en librairie et sur Amazon
8 mars 2016 Sortie du Trailer