Parce que le verbe peut modifier un être

Contre les enfants du millénaire

Contre les enfants du millénaire

Marc Obregon

Marc Obregon présente son essai, Contre les enfants du millénaire, chroniques d'une chute perpétuelle. Du syndrome Peter Pan au grand remplacement du réel, Marc Obregon explique le cheminement qui l'a mené du pamphlet au poème, pour dire ce monde.

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Contre les enfants du millénaire

Contre les enfants du millénaire

« Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux », diagnostiquait le philosophe situationniste Guy Debord. Notre monde a d'ores et déjà inversé les définitions. Qu'est devenu le réel ? Par quoi a-t-il été remplacé ? De qui sommes-nous la narration ? Voilà les questions posées dans cet essai par Marc Obregon. L'auteur fait tomber tous les masques de notre société et révèle le règne du faux dans ce qu'il est possible d'appeler désormais une chute sans fin, que l'humanité semble en avoir pris pour perpétuité.

ISBN : 978-2-9556200-76
EAN : 9782955620076

La chute est sans fin car nous sommes dans les temps de l'apocalypse et il appartient à chaque époque de savoir le lire et le dire. Marc Obregon est ce prophète qui sait lire les chutes d'aujourd'hui en écho à celles d'hier, en préfiguration de celles à venir. La chute est protéiforme et Obregon parvient à la débusquer dans l'organisation de nos cités, dans la nature de nos divertissements, dans de nos cités, dans la nature de nos divertissements, dans la pornocratie ambiante... Dans notre modernité, tout est dévoré par la fiction : la vie, la mort, l'être et même le néant.

Marc Obregon s'est donné la mission de déniaiser les enfants du millénaire, de leur insuffler une grande gifle, un uppercut dans leurs gencives mondialisées pour faire chuter tout ce qu'ils a dorent comme des veaux d'or, jusqu'à eux-mêmes héros de leurs selfies. Les enfants du millénaire ne trouveront pas dans ce livre matière à développement personnel, mais juste la possibilité d'entrevoir à travers un judas ce que pourrait être le réel. Ils auront de quoi ne plus être dupe de rien : ni du capitalisme, ni des idéologies, ni de la fête, ni des autres, ni d'eux-mêmes.

Dans ce pamphlet antimoderne, dans un style flamboyant, Obregon ose l'outrance car il sait que la vérité est scandaleuse et que le saint est un fou. Lisons Obregon comme on déclame de la poésie ! Il en va de la santé de nos âmes de comprendre le piège du monde. Ne pas lire Obregon, ne pas accepter de lire, revient à accepter la mort de notre âme bien en amont de la déchéance de notre corps.

Marc Obregon

Dessinateur, musicien, contributeur régulier au mensuel l'Incorrect, Marc Obregon est également un pamphlétaire zélé à ses heures les plus sombres.

« Le monde, non content de disparaître, est remplacé par sa simulation. Si grand remplacement il y a, c'est bien celui de la Réalité. »

« Nous ne sommes pas des enfants du millénaire. Nous avons vu le monde changer, nous avons entendu venir le Réseau à travers nos prises téléphoniques, c'était un son comme frangé par l'écume d'un Outre Monde, un appel crissant dans les ténèbres, une cadence instanciée par des mains inertes et probablement démiurgiques. »

Extrait 1

Si nous étions toujours à l’ère de l’enregistrement, nous pourrions encore constater que quelque chose a disparu, qu’une partie du monde s’est soustraite à notre regard dans l’hyper-temps de la captation vidéo. Mais nous sommes dans l’ère de la digitalisation : le monde, non content de disparaître, est remplacé par sa simulation. Si grand remplacement il y a, c’est bien celui de la Réalité. La Tradition nous a enseigné que le cosmos lui-même n’était qu’un lointain reflet du divin, sa manifestation à travers une succession d’ombres et de voiles, agglutinés comme les couches d’un oignon, et qu’il convenait de soustraire pour enfin distinguer Sa Lumière. Pourtant, aujourd’hui, une ultime ombre a été rajoutée à cet empilement, c’est une ombre transparente, blanche, la plus vile de toutes, parce qu’elle ne peut être soustraite, parce qu’elle s’est infusée au reste, et que vouloir la délimiter reviendrait presque à vouloir séparer un atome de son propre mouvement, une hypostase de son autoplasme.

Baudrillard avait prédit la disparition de la Réalité au profit d’une hyper-Réalité, une Réalité qui se donnerait désormais en temps réel et en haute définition, une réalité contenue dans un reflet interne de chaque atome, une instanciation qui vit à l’intérieur de chaque spasme. Nous avons passé ce stade : nous sommes désormais, une bonne fois pour toutes, passés au revers du monde. En fait, non, même pas cela. Si le monde s’est retourné comme un gant, nous sommes en quelque sorte sur la frange de ce mouvement, dans la poussière d’œil qui en capte la vérité circumterrestre. Le monde innervé par l’Informant - Dieu - se désagrège à mesure que ses manifestations - hypostases - dégénèrent et créent de nouvelles nexions - loges - de réalité dans lesquelles l’objet devient peu à peu tout puissant.

Extrait 2

La gorgone de Maastricht, sorte d’Europe inversée, n’a fait qu’entériner la victoire des Nazis et des bureaucrates, et continue d’enfiler comme des perles les crânes de nos enfants morts, javellisés dans le ventre même des mères puis expulsés par milliers dans les composteurs des cliniques à avortements. On peut désormais relier entre eux les génocides, c’est un festival de pointillés sur le grand cahier de vacances du Millénaire Européen, ce quatrième Reich qui n'en finit pas de commencer. Par lui, l’accident devient la norme, le prolapsus est généralisé. La voici, l’Europe difforme issue des jupons de la Terreur, celle qui porte le deuil de l’humanité, celle qui proclame que vos empires seront vains, chicots dégénérés branlant sur la chair décatie d’une crépissure globale que nous nommons Histoire et dont nous croyons qu’elle avance, alors qu’elle ne fait qu’enrouler, éternellement, le même étron puant ! Sonnez, trompettes du génocide, pendant que la vieille Europe achève de s’empoisonner au lait noir de la prostitution.

Extrait 3

Où est passée la mort ? L’ère moderne a-t-elle fini par tuer la mort elle-même ? La numérisation globale du réel a déjà engendré des bots conversationnels capables d’agréger les patterns comportementaux d’un proche après son décès. Gadget obscurantiste ou révolution dans l’appréhension de ce qui constitue le vivant ? Nos relations se limitant de plus en plus à des échanges écrits via réseaux interposés, y aura-t-il vraiment une différence sensible entre un dialogue avec un être vivant et une conversation avec son simulacre recompilé ? L’ère industrielle, on le sait, s’est évertuée à cacher la mort, à la dissimuler dans des structures prévues à cet effet : abattoirs, maisons de retraite, camps de concentration… On a retiré la mort du processus causal qui auparavant l’entérinait dans le terreau du sensible en dénervant le sacré de la réalité. Le monde bourgeois tourné vers la jouissance et la capitalisation de son temps devenu libre, grâce à l’automatisation des tâches les plus ingrates, a instauré un monde segmenté où la mort ne peut plus communiquer avec ses propres zones d’afférence. La mort était le liant social de nombreuses pratiques devenues caduques, qui se sont désormais reproduites sous des versions grotesques dans le monde du dématérialisé.
15 février 2020

Publication du trailer "Contre les enfants du millénaire"

10 février 2020

Conférence de Marc Obregon à Lyon le 10 février 2020 à l'occasion de la sortie de son essai : Contre les enfants du millénaire, chroniques d'une chute perpétuelle. Thèmes abordés : Si grand remplacement il y a eu, c'est celui du réel. Par quoi a-t-il été remplacé ?

10 octobre 2019 Séance de dédicace au café de la mairie à Saint-Sulpice.
Photo souvenir en présence de Maximilien Friche et de Romaric Sangars.
2 octobre 2019